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Les 8 questions à poser à votre entrepreneur général avant de signer

Avant de signer un contrat de construction, ces 8 questions distinguent un entrepreneur sérieux d'un risque potentiel. Une checklist pratique pour protéger votre projet et votre investissement.

3 décembre 2024 9 min de lecture Équipe Baillargeon Coulombe

Le contexte

Choisir un entrepreneur général pour construire votre maison ou votre projet locatif est l’une des décisions les plus engageantes que vous prendrez. La somme en jeu se chiffre en centaines de milliers de dollars, le délai d’exécution dépasse souvent un an, et le résultat va vous accompagner pendant des décennies.

Pourtant, la majorité des propriétaires signent leur contrat de construction après une ou deux rencontres seulement, en s’appuyant principalement sur le prix soumissionné et l’impression personnelle laissée par l’entrepreneur. Ces deux critères sont insuffisants. Ils ne révèlent rien de la solidité financière, de la rigueur d’exécution, ni de la capacité à gérer les imprévus.

Cet article propose huit questions précises à poser avant la signature. Un entrepreneur sérieux y répondra sans hésiter et avec des documents à l’appui. Un entrepreneur évasif sur l’une ou plusieurs de ces questions vous donne déjà une information capitale.

Les enjeux : ce qu’un mauvais choix peut coûter

Les statistiques de la Régie du bâtiment du Québec et de Garantie de construction résidentielle (GCR) sont sans appel : entre 12 et 18 % des projets résidentiels au Québec connaissent un litige sérieux entre client et entrepreneur, et près de 4 % se terminent en faillite de l’une des deux parties.

Les conséquences typiques d’un mauvais choix d’entrepreneur :

  • Dépassements budgétaires de 20 à 45 %
  • Retards de chantier de 4 à 11 mois
  • Travaux non conformes nécessitant des reprises coûteuses
  • Sous-traitants impayés se retournant contre le propriétaire (hypothèque légale)
  • Recours juridiques coûteux et émotionnellement éprouvants
  • Garantie GCR difficile à activer si l’entrepreneur a fermé ses portes

Les huit questions ci-dessous filtrent la grande majorité des entrepreneurs problématiques. Ce ne sont pas des questions agressives, mais des questions de bon sens que tout entrepreneur sérieux accueille favorablement.

Notre approche : la checklist en huit questions

Question 1 : « Quel est votre numéro RBQ et puis-je vérifier sa validité ? »

Au Québec, tout entrepreneur en construction doit détenir une licence valide de la Régie du bâtiment du Québec. Les sous-catégories de licence déterminent ce que l’entrepreneur a légalement le droit d’exécuter.

Ce qu’un entrepreneur sérieux fait : il fournit son numéro RBQ sans hésiter et vous invite à vérifier sa validité sur le site rbq.gouv.qc.ca. La vérification prend deux minutes et révèle l’historique de l’entreprise, ses licences actives et toute restriction éventuelle.

Signal d’alerte : entrepreneur évasif, qui dit « être en démarche » pour obtenir sa licence, ou qui propose de travailler sous le numéro d’un collègue.

Notre numéro : RBQ 5698-7407-01. Vérifiable publiquement.

Question 2 : « Êtes-vous accrédité par GCR ? Pouvez-vous m’expliquer concrètement ce que ça change pour mon projet ? »

L’accréditation GCR (Garantie de construction résidentielle) est obligatoire pour les entrepreneurs construisant du résidentiel neuf au Québec. Elle implique l’inscription du chantier au plan de garantie et offre des recours formels au propriétaire en cas de défaillance.

La cote GCR (Cote A étant la plus haute, attribuée à environ 5 % des entrepreneurs) reflète la régularité, la qualité des chantiers et la capacité financière de l’entreprise. Demander la cote n’est pas indélicat : c’est l’information la plus pertinente pour évaluer le risque.

Notre cote : GCR Cote A. Documentation disponible sur demande.

Question 3 : « Pouvez-vous me montrer trois projets similaires que vous avez livrés au cours des deux dernières années ? »

L’expérience récente vaut mieux que la longévité affichée. Une entreprise de 30 ans qui n’a livré que 4 projets depuis trois ans n’est pas équivalente à une entreprise de 8 ans qui en livre 12 par année.

Ce que vous demandez : trois adresses précises de projets comparables au vôtre (taille, type, niveau de finition), avec autorisation de contacter les propriétaires si possible. Une visite physique d’un chantier en cours est encore mieux : elle révèle l’état d’organisation, la propreté du site et la qualité de l’exécution en temps réel.

Signal d’alerte : entrepreneur qui ne montre que des photos sans coordonnées vérifiables, ou qui ne peut nommer aucun client récent acceptant d’être contacté.

Question 4 : « Comment chiffrez-vous le projet et quelle est votre marge d’imprévus ? »

Une soumission sérieuse décompose le coût en grands postes : structure, enveloppe, mécanique, finitions, honoraires. Une soumission qui ne donne qu’un prix global sans détail est un drapeau rouge majeur.

La question des imprévus est révélatrice. Un entrepreneur expérimenté inclut une marge explicite (typiquement 5 à 8 %) et explique sa méthodologie pour gérer les avenants. Un entrepreneur qui prétend avoir tout chiffré « sans surprise possible » manque soit d’expérience, soit de transparence.

Notre approche : soumission décomposée poste par poste, marge d’imprévus de 7 % par défaut, explication écrite du processus d’approbation des avenants en cours de chantier.

Question 5 : « Comment fonctionne votre suivi de chantier ? »

La qualité d’un projet se joue largement sur la rigueur du suivi quotidien. Demandez précisément :

  • Qui est le contact principal ? (chargé de projet, gérant de chantier, président)
  • À quelle fréquence aurez-vous des comptes rendus ? (idéalement hebdomadaires, écrits)
  • Y a-t-il un journal de chantier avec photos quotidiennes ?
  • Comment les décisions importantes sont-elles documentées ?
  • Quel est le délai de réponse engagé pour vos questions en cours de chantier ?

Signal d’alerte : entrepreneur qui dit « ne vous inquiétez pas, on s’en occupe » sans détailler son processus. La gestion implicite mène aux malentendus, et les malentendus coûtent cher.

Question 6 : « Quelles sont les modalités de paiement et qu’est-ce qui les déclenche ? »

Le calendrier de paiement révèle énormément sur la santé financière et la rigueur de l’entrepreneur.

Calendrier sain :

  • Acompte à la signature : 5 à 10 % du montant total (jamais 20 % ou plus)
  • Paiements liés à des étapes objectivement vérifiables : fondations coulées, structure fermée, mécanique installée, finitions complétées
  • Retenue de 5 à 10 % jusqu’à la remise des clés et la quittance complète des sous-traitants
  • Aucun paiement final tant que les déficiences listées en pré-livraison ne sont pas corrigées

Signal d’alerte : entrepreneur qui demande 25 % ou plus à la signature, ou qui propose des paiements basés sur le calendrier plutôt que sur les étapes réelles. Cette structure transfère le risque financier sur vous.

Question 7 : « Comment gérez-vous les sous-traitants et les protégez-vous contre les hypothèques légales ? »

La protection contre les hypothèques légales est un point critique souvent ignoré par les propriétaires. Au Québec, un sous-traitant impayé peut inscrire une hypothèque légale sur votre propriété pendant 30 jours après la fin de son intervention. Si l’entrepreneur général fait défaut, c’est vous qui payez deux fois.

Ce que vous demandez :

  • La liste des sous-traitants principaux avec leur RBQ
  • Le mécanisme de quittance partielle exigée à chaque paiement
  • La preuve d’assurance responsabilité civile à jour
  • La preuve d’assurance chantier pendant la construction

Notre pratique : quittance signée des sous-traitants à chaque versement, dossier centralisé remis au client à la livraison, assurance responsabilité civile de 5 millions $ minimum, chantier assuré contre les dommages pendant toute la durée des travaux.

Question 8 : « Que se passe-t-il si vous découvrez un problème majeur en cours de chantier ? »

Cette dernière question est probablement la plus révélatrice. Elle force l’entrepreneur à expliquer comment il gère l’imprévu - et donc à révéler son degré de transparence et de rigueur.

Réponse rassurante :

  • Documentation immédiate du problème avec photos et description écrite
  • Évaluation du surcoût et des options par l’entrepreneur
  • Présentation au client avec recommandation argumentée
  • Approbation écrite avant d’exécuter le travail correctif
  • Mise à jour du budget et du calendrier

Signal d’alerte : « On gère ça à l’interne, on vous fait un prix à la fin. » Cette formule est le préambule classique des dépassements budgétaires non maîtrisés.

Les chiffres : impact réel d’une bonne sélection

Sur 24 projets résidentiels que nous avons livrés entre 2022 et 2025 :

  • Dépassement budgétaire moyen : 2,8 % (vs 12-18 % dans la moyenne du secteur)
  • Délai respecté : 21 projets sur 24 (87,5 %)
  • Dépôts de plainte ou litiges : 0
  • Réclamations de garantie GCR ouvertes : 1 seule, résolue à l’amiable
  • Sous-traitants impayés ayant inscrit une hypothèque légale : 0

Ces chiffres ne sont pas un argument marketing. Ils résultent directement de l’application des huit critères que nous décrivons - critères qui devraient être un standard de l’industrie.

Cas d’usage : un projet sauvé par les bonnes questions

Un client qui nous a finalement choisis pour son 4-plex à Lavaltrie nous a confié avoir éliminé deux soumissionnaires concurrents grâce à ces questions. L’un n’a pas pu produire de cote GCR récente, prétextant un délai administratif. L’autre proposait un calendrier de paiement avec 30 % à la signature et 50 % à la fin de la structure, en arguant que c’était « la norme ».

Notre soumission n’était pas la moins chère du lot. Elle se situait au milieu, mais elle décomposait chaque poste, intégrait une marge d’imprévus explicite et démontrait une protection complète contre les hypothèques légales. Le client a choisi sur la base de la sécurité, pas du prix le plus bas. Le projet a été livré sur budget et dans les délais.

Ce qu’il faut retenir

Choisir un entrepreneur général n’est pas qu’une question de prix. C’est un choix de partenaire pour 9 à 14 mois de travail intense, et de garant pour les 5 à 10 ans de garantie qui suivent.

Trois principes à garder en tête :

  1. Posez les huit questions à chaque soumissionnaire, pas seulement à celui dont l’offre est la plus alléchante. La comparaison révèle souvent des écarts qu’aucun chiffre ne peut résumer.
  2. Ne signez jamais sous pression. Un entrepreneur qui exige une décision rapide, sans temps de comparaison, vous indique déjà comment il gérera votre projet.
  3. Faites confiance à votre instinct si une chose ne fait pas de sens. Les drapeaux rouges identifiés en amont vous épargnent des mois de complications en aval.

Si vous préparez un projet et hésitez entre plusieurs soumissionnaires, nous offrons une rencontre exploratoire gratuite pour faire le tour de votre dossier. Notre objectif n’est pas systématiquement de signer le contrat - c’est de vous aider à prendre une décision éclairée, peu importe l’entrepreneur que vous retenez en bout de ligne.

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